Les saisons passent, et les entrepôts performent 

3 novembre, 2023

Automne/Hiver, Printemps/Eté… Si elles restent toujours d’actualité, les grandes saisons météorologiques ne sont plus, et depuis longtemps, les seuls facteurs impactant la supply chain de l’habillement, marqué par une saisonnalité de plus en plus rapide, et surtout par une imprévisibilité grandissante. Dans cet article, il s’agit ici de s’interroger sur la gestion de ces temporalités changeantes dans le secteur de l’habillement, et ce qu’elle implique dans le day-to-day intralogistique.

Les saisons traditionnelles de l’habillement 

A l’origine, les ventes en matière de mode s’organisaient en deux grandes saisons, Ă  savoir Automne/Hiver et Printemps/EtĂ©. Peu Ă  peu, certains acteurs de la mode de l’habillement ont introduit dans leurs boutiques des collections inter-saisonnières chevauchant les deux premières (pre-fall, de mai Ă  juin et resort/cruise d’octobre Ă  novembre). Leur idĂ©e Ă©tait alors de limiter un phĂ©nomène de “vide” dans les magasins entre les deux grandes collections et d’introduire de la variĂ©tĂ© auprès des consommateurs pour in fine booster leurs ventes.  

En soldes 

Ou comment gĂ©rer habilement la fin de stocks. Dès le XIXe siècle, les boutiques d’habillement et autres grands magasins introduisent la notion de soldes pour Ă©couler les derniers articles, Ă  prix rĂ©duit, et ainsi rĂ©duire leur stock en attendant le prochain renouvellement de collection. Elles sont ainsi dĂ©finies dans le code de commerce français, en son article L-310-3 : “dans la pratique, des soldes d’hiver sont organisĂ©es fin janvier/dĂ©but fĂ©vrier et des soldes d’Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement mi ou fin juillet jusqu’Ă  la mi ou fin aoĂ»t.” 

Aujourd’hui, il existe toujours deux grandes pĂ©riodes de soldes, au dĂ©but de l’annĂ©e (Fin janvier-dĂ©but fĂ©vrier) et Ă  la mi-annĂ©e (Juillet-AoĂ»t), avec bien Ă©videmment des variantes selon les continents et les pays, ainsi que le positionnement et la clientèle des marques en eux-mĂŞmes : NoĂ«l, Saint Valentin, rentrĂ©e scolaire, fĂŞte des mères… 

Des schĂ©mas supply chain simples… 

On repère donc dĂ©jĂ , dès l’origine de l’industrialisation de la production et de la distribution de l’habillement, une relative dĂ©corrĂ©lation entre les saisons rĂ©elles et les saisons de la mode, davantage imaginĂ©es pour encourager la consommation et assainir la gestion de stock. NĂ©anmoins, la situation Ă©tait Ă  la base relativement claire. Dans des magasins d’habillement, les collections se renouvelaient sur une base fixe tous les 6 mois, et entre deux, des saisons intermĂ©diaires prenaient le relais.  

En termes d’achat de fournitures, de relations avec les sous-traitants, de gestion du stock et de la distribution, ce schéma-là était donc relativement simple à opérer. Il s’agissait d’anticiper au mieux la demande, de s’approvisionner en conséquence, et de livrer en temps et en heure. Dans les entrepôts, ces logiques saisonnières classiques, toujours vraies actuellement, impliquaient surtout d’être capables de gérer des produits d’habillement d’un volume restreint – car plus légers – en été, et plus important en hiver. Tout cela dans un espace de stockage constant quelle que soit la saison.

… Devenus de plus en plus complexes  

En parallèle des soldes, et sous l’effet de la fast-fashion, des opérateurs du secteur commencent dès la fin du XXe siècle à intercaler des collections inter-saisons, pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines par an chez certaines marques dites de “fast-fashion”. Ces nouveaux modèles, où l’on pousse des articles beaucoup plus régulièrement aux consommateurs, nécessitent la mise sur pied de modèles de supply chain complexes, hautement efficaces et souvent sur-mesure pour servir les business models de ces entreprises. Cette logique de flux poussés implique dans les entrepôts des pics de réception avant la collection, et la nécessité de pouvoir gérer un assortiment des magasins ou centres de préparation de commande en masse. Ici le réassort se fait en général en 1 pour 1 : une fois que la pièce est poussée, les chances de la vendre plus de deux fois sont assez faibles.  

Des tendances qui vont et viennent. Vite. 

Au-delĂ  de ces logiques saisonnières simples ou “augmentĂ©es”, et intĂ©grĂ©es de longue date par la supply chain de l’habillement, les pics saisonniers de vente viennent dĂ©sormais de plus en plus de facteurs extrinsèques, nĂ©cessitant une adaptabilitĂ© Ă  toute Ă©preuve, notamment dans leurs entrepĂ´ts : impact des fashion weeks, mise en avant d’une marque par une cĂ©lĂ©britĂ© ou un influenceur ou tout simplement les tendances gĂ©nĂ©rĂ©es par des citoyens lambda bien stylĂ©s croisĂ©s dans la rue (“street style”).   

Un entrepĂ´t season-proof : check-list 

Alors, si vous opĂ©rez ou projetez d’opĂ©rer un entrepĂ´t d’habillement, quels sont les points clĂ©s Ă  traiter pour assurer sa rĂ©sistance aux Ă©volutions et aux tendances, que celles-ci soient prĂ©visibles… ou pas.  

  1. Gérer l’incertitude. Sous l’effet des tendances, et malgré des analyses de plus en plus poussées, les plus grands acteurs du secteur ont parfois du mal à appréhender quand se manifestera un intérêt particulier pour un article donné. Dans votre entrepôt, cela signifie que tout article doit être rapidement accessible à vos opérateurs, à tout moment.
  2. GĂ©rer le succès. Votre produit et votre marketing sont bons, vos vendeurs aussi, et vos commandes augmentent ? Ce n’est que justice, mais il ne faudrait pas que votre entrepĂ´t logistique vous empĂŞche de surfer sur la vague. La possibilitĂ© d’en augmenter rapidement le flux, voire le volume de stockage, Ă  travers l’automatisation de tout ou partie de vos process, doit impĂ©rativement faire partie de votre stratĂ©gie supply chain.  
  3. GĂ©rer la rotation des stocks. Nous l’avons vu, les saisons passent dĂ©sormais beaucoup plus vite qu’avant. Le temps de rotation de vos stocks, c’est-Ă -dire votre capacitĂ© Ă  vider et remplir votre entrepĂ´t en un temps record, est donc un facteur primordial Ă  prendre en compte. 
  4. GĂ©rer l’omnicanalitĂ©. Ici, tout l’enjeu est de rĂ©ussir Ă  gĂ©rer des profils de commande (assortiment magasins en masse, rĂ©assort, prĂ©paration de commandes unitaires…) dans un mĂŞme entrepĂ´t et en rĂ©ussissant Ă  prendre en charge les spĂ©cificitĂ©s de ces expĂ©ditions (livraison selon des sĂ©quences d’articles permettant un approvisionnement optimisĂ© des magasins en fonction de leur plan d’implantation par exemple).  
  5. Permettre l’intĂ©gration Ă  des outils tiers. En fonction des profils de commande, encore une fois, des matĂ©riels spĂ©cifiques (convoyeurs, machines d’emballage spĂ©cifique…), devront ĂŞtre connectĂ©s Ă  vos Ă©quipements existants ou Ă  venir et pouvoir prendre en charge vos articles, grâce par exemple Ă  un logiciel d’entrepĂ´t performant. 
  6. GĂ©rer des emplacements multi-SKUs. Au fil des saisons, vos commandes peuvent ĂŞtre profilĂ©es selon des logiques de paquets ou de lots ? Il peut ĂŞtre intĂ©ressant de rĂ©ussir Ă  gĂ©rer des SKUs multiples au sein d’un mĂŞme emplacement (bac ou carton), Ă  condition d’être capable de les subdiviser pour faciliter la prĂ©paration de commande, et que vos articles soient suffisamment petits pour pouvoir ĂŞtre compartimentĂ©s.  
  7. GĂ©rer la RFID (Radio-Frequency Identification) et la NFC (Near Field Communication). Ce sont des petites rĂ©volutions technologiques en intralogistique qui permettent d’identifier la nature et la localisation d’un article pour la RFID ou la lecture Ă©lectronique de rĂ©fĂ©rences pour la NFC. Elles permettent surtout d’aller plus vite dans la gestion de vos stocks et la prĂ©paration de vos commandes ou encore le rĂ©assort. A condition que votre système intralogistique, de bout en bout, intègre parfaitement la prise en charge de ces technologies de plus en plus rĂ©pandues, et cela de la prĂ©paration Ă  l’expĂ©dition, en passant par un Ă©ventuel rĂ©approvisionnement, notamment quand les tensions au niveau de ces diffĂ©rentes Ă©tapes se font de plus en plus fortes. 
  8. GĂ©rer la pĂ©nurie de main-d’Ĺ“uvre. Mauvaise nouvelle pour vous et votre prochain pic d’activitĂ© : les humains veulent de moins en moins travailler dans les entrepĂ´ts. Votre main d’œuvre diminue, certes, mais vous pouvez limiter cette tendance en automatisant certains de vos process intralogistiques particulièrement demandeurs en ressources humaines et gĂ©nĂ©rateurs de souffrance au travail, comme le picking. Cela vous donnera de plus l’occasion d’affecter votre personnel Ă  des tâches Ă  plus forte satisfaction et gĂ©nĂ©ratrice de davantage de valeur ajoutĂ©e pour votre entreprise, comme la personnalisation des commandes, chose Ă  laquelle les consommateurs sont de plus en plus attentifs.  
  9. LibĂ©rer l’innovation. Dans la façon d’établir son forecast, dans ses systèmes d’information, en passant par les solutions d’automatisation, ou les innovations sociales. Nous y consacrons un article complet Ă  l’innovation dans les entrepĂ´ts d’habillement ici.  

Des solutions taillées pour l’habillement

Exotec conçoit, produit et maintient des solutions robotiques pour entrepôts, dans le monde entier. En particulier pour le secteur du prêt-à-porter et de la chaussure, qui représente près de 50 % de nos projets. Particulièrement adapté aux enjeux des entrepôts d’habillement, notre système Skypod® offre la performance, la réactivité et la flexibilité dont les opérateurs intralogistiques de ce secteur ont besoin.

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